maiaconte

Samedi 4 mars 2006 6 04 03 2006 21:53
                                              
La fée Sonnette
La fée Sonnette est en pétard.                                                
La fée Sonnette a perdu ses lunettes.                                                                      
La fée Sonnette est très distraite ; elle égare sans cesse ses accessoires de fée.Tantôt ce sont ses lunettes, tantôt c’est sa baguette magique. Et tout cela  chagrine énormément la bonne fée Sonnette. Sans lunettes ; impossible
de repérer sur quel berceau se pencher, de quelle personne s’occuper; et sans baguette magique ; impossible d’exécuter féeries et sortilèges.
Alors, Sonnette, découragée, a progressivement abandonné son rôle de bonne
fée, gênée par ces fréquents contretemps.
                                                                              
Un jour, Sonnette perdit à la fois, et ses lunettes, et sa  baguette.        
Malédiction !
Enervée, éplorée, Sonnette s’appliqua à se remémorer ses formules magiques
pour appeler Merlin à la rescousse. Elle mit certainement 10 minutes mais
finit par y arriver.
 
—Drag nilrem evirra nigr nitul erorafrep!!!!
 
Et soudain, apparut devant elle un petit être replet qui la regardait d’un air narquois.
—Mais qui es-tu ? J’ai demandé Merlin !
—Erreur, Sonnette ! Ta formule magique m’appelait, moi le lutin Gringrin !
—Oh ! J’ai dû me tromper dans la formule. C’est vrai, je suis une fée bien
médiocre. J’oublie mes formules magiques, je perds sans cesse mes lunettes et
ma baguette et parfois même, j’ai mal aux doigts. Je suis inefficace,
incapable, inutile, idiote pour une fée. D’ailleurs, ai-je jamais choisi de
devenir fée ? gémit Sonnette.
Si Merlin était là, je lui remettrais ma démission en tant que fée…
Et Sonnette sanglota pendant de longues minutes.
Quand la flaque à leurs pieds devint trop importante les menaçant
de noyade, Gringrin finit par réagir.
(Petite parenthèse, ici, pour information : il faut savoir qu’une fée pleure en quantité 40.000 fois plus de larmes que tout être humain ordinaire.
—Qui perd ses lunettes y voit moins bien.                   
Qui pleure à chaudes larmes voit encore moins bien.
Qui cumule les deux n’y voit plus rien.!                                          
 Et parfois, c’est  que cela lui va bien 
 
 — Epargne-moi tes sarcasmes, Gringrin ! Tu ne m’es pas d’un grand secours !
Comme je regrette Merlin ! Pauvre de moi, que vais-je devenir, maintenant,
sans lunettes et sans baguette ?
 
—Tu es déjà une fée, Sonnette, le plus simple est de le rester. Tu es une
bonne fée,Sonnette ! Au lieu de te désoler, tu ferais mieux de m’écouter ;
j’ai une proposition à te faire. Comme tu as perdu tes lunettes et ta baguette magique, je fais un compromis et je t’offre une paire de lunettes magiques…
— J’y verrai moins bien qu’avec mes lunettes… Mais, bon,…
Elle n’eut pas le temps d’achever sa phrase que Gringrin avait déjà disparu.
Epuisée, Sonnette se mit au lit. Elle passa une nuit peuplée de rêves
angoissants où ungros lutin aux lunettes géantes dirigeait un orchestre
à l’aide de sa baguette magique.
Le lendemain matin, Sonnette s’éveilla et découvrit sur sa table de nuit une
paire de lunettes qui lui semblèrent tout à fait ordinaires. Notre bonne fée
les posa sur son nez et ne vit rien à l’horizon. Surprise, elle les retira et à y regarder de plus près, elle s’aperçut que les verres étaient montés à l’envers.
Elle les posa à nouveau sur son nez et fut alors éblouie de ce qu’elle vit.
                      
Elle voyait à l’envers ; c’est-à-dire qu’elle voyait à l’intérieur de sa
conscience. Et elle voyait plein de belles choses dotées de couleurs
chatoyantes. Elle vit qu’elle était belle de l’intérieur parce qu’elle avait fait,
de son mieux le plus de bien possible ; qu’elle avait rendu un grand nombre de
gens heureux et que son travail s’était révélé très utile.
Les doutes qui l’assaillaient encore la veille lui parurent ridicules et
elle sourit, elle rit même, autant qu’elle avait pleuré hier.
 
Et comme les féés rient aussi 40.000 fois plus fort que les êtres ordinaires,
un effroyable orage ne tarda pas à se déchaîner. Il dura jusqu'au soir.
De terribles éclairs déchiraient la nuit et permirent à Sonnette de distinguer
au loin, un petit gars dans son berceau qui avait des ennuis.
— Il est temps de me mettre en route dit Sonnette. La route sera longue.
Elle rassembla quelques affaires dans son sac, ouvrit le frigo pour prendre
de l’eau pour le voyage et mit la main sur ....;
sa baguette magique.!                                
 
Assurément, la féé Sonnette était distraite.

 

 
 
 
 
                                                                                     
Texte et illustrations           
Marie-agnès Aendekerk              
                                                                                                                              
                                                                
 
                                                                                                                                                                    
 
 
                                                                            
                                                                                                                                       
Par maia
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 03 2006 12:00
                              Le roi qui avait deux royaumes.
 
Un roi avait deux royaumes. Le royaume d?Ici et le royaume d?Ailleurs.
Ailleurs était loin d?Ici ; c?est pourquoi le roi dut choisir un lieu de résidence et décida d?occuper son palais d?Ici.
 
En Ici, le roi pensait souvent à son royaume d?Ailleurs et regrettait de ne pas être sur place afin de gouverner le peuple d?Ailleurs. De ce fait, il laissait en suspens tous les problèmes d?Ici. Le roi décida alors de se rendre en Ailleurs.
 
Quand il fut en Ailleurs, le roi s?ennuya de son palais d?Ici, si confortable, et de sa tendre compagne la reine, restée là-bas. Il revint donc en Ici.
 
Le peuple d?Ailleurs, fâché que le roi lui préfère Ici, se révolta et une guerre civile éclata. Le roi dut retourner en Ailleurs et son séjour se prolongea très longtemps, le temps de calmer le mécontentement de son peuple.
 
Lorsque enfin, le roi put revenir en Ici, son premier ministre lui dit :
? « Sire, le royaume d?Ici est en danger, les esprits sont échauffés, le peuple vous reproche votre préférence pour Ailleurs. Il est temps d?agir et de régler les problèmes restés en souffrance, de votre peuple d?Ici. »
 
?« J?en conviens, Monsieur le Premier Ministre, nous verrons cela dès demain »
 
Le lendemain, un tremblement de terre se produisit en Ailleurs, effroyable catastrophe qui rappela le roi au secours de la population d?Ailleurs.
 
De retour en Ici, la reine lui dit :
? « Mon ami, vos absences répétées m?ont amenée à prendre la gérance du royaume d?Ici. Veuillez comprendre que dorénavant, je règne sur Ici merveilleusement secondée par votre premier ministre. Retournez donc en Ailleurs.
 
C?est ici, chers lecteurs ou auditeurs, que je compte sur votre aide !
Quel est à votre avis le dénouement de cette histoire ? Pour ma part, je n?en ai trouvé que trois.
 
Le premier :
 
Dès son arrivée en Ailleurs, un putsch renverse royauté et gouvernement, envoie le roi en exil où il devient roi de Nulle Part.
 
Le deuxième :
 
Le roi épousa une jolie ailleuroise, ils eurent dix enfants et la paix règne sur ce royaume et ses habitants.
 
Le troisième :
 
Le roi, inconsolable se jeta du haut de la falaise dans la Mer de Partout.
 
Si vous voyez d?autres dénouements possibles, vous seriez très gentils de me les communiquer.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Par maia
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Mercredi 5 avril 2006 3 05 04 2006 16:42
 
             Conte potager
 
 
 
Ceci est une histoire potagère. Et comme toutes ces histoires, elle se passe dans un potager ; c’est-à-dire, dans un jardin où poussent les légumes.
C’était un potager merveilleux, tenu par un jardinier expert et
consciencieux.
        C’est la diversité des légumes cultivés qui faisait la renommée de Jeannot.
En effet, c’est à perte de vue que s’alignaient dans ce potager de rêve ; poireaux, céleris, carottes, navets, radis, laitues, épinards, bettes, haricots, potirons, courgettes, choux,scaroles, petits pois, tomates… et j’en oublie encore !
Ils poussaient et verdoyaient tous avec bonheur.
              .
Un jour, pourtant, naquit dans ce potager sans histoires, un légume peu ordinaire.
C’était un tout jeune légume qui présentait à la fois certaines caractéristiques du chou et d’autres de la carotte.
Notez qu’à l’heure qu’il est, Jeannot ne parvient toujours pas à expliquer ce phénomène extraordinaire perpétré par la nature. Mais après un examen minutieux, il décréta que ce légume était le résultat de la fusion d’une graine de carotte et une graine de chou, éprises l’une de l’autre et le baptisa aussitôt «  Carchou ». Jeannot, tout animé, redoubla d’attentions et de soins pour ce nouveau légume, l’arrosant régulièrement afin d’assurer sa croissance.
Mais ce que Jeannot ignorait, c’est que dans un coin du potager, Maman Carotte et Papa Chou veillaient avec tendresse sur leur enfant.
« Tu dois regarder vers le ciel, Carchou, disait PapaChou afin de bien verdir et pommer tes feuilles ! »
« Tu dois pousser vers le centre de la terre, Carchou, disait MamanCarotte afin que ta racine devienne bien charnue ! »
« Non ! Mais regardez-moi ce feuillage chétif » ! disait PapaChou. « Fais un effort, Carchou, pour devenir comme moi. »
« Non ! Mais regardez-moi ce teint verdâtre » ! disait MamanCarotte. « Carchou ! C’est comme moi que tu dois devenir. »
A entendre tant de recommandations contradictoires, Carchou ne savait plus que faire et n’arrivait plus à grandir.
PapaChou et MamanCarotte étaient de plus en plus souvent en désaccord au sujet de l’éducation de leur rejeton. Et Carchou ne cessait d’importuner et d’injurier les autres jeunes légumes du potager. Il disait à la tomate qu’elle était plate.., au cornichon qu’il était glouton.., à la citrouille qu’elle était nouille et au céleri, qu’il était tout riquiqui. Bref, il chatouillait et blessait ses petits compagnons de potager.
« Laisse-nous tranquille » disaient-ils. Laisse nous vivre notre vie de légume. Laisse-nous grandir. D’ailleurs, tu ferais bien d’en faire autant !
Mais Carchou ne grandissait pas, faisant ce que bon lui semblait sans s’occuper du souci qu’il causait à ses parents, à son entourage et à Jeannot le jardinier.
Et pour parfaire le tableau, entre PapaChou et MamanCarotte se mit à pousser une mauvaise herbe que Jeannot trouva jolie et laissa croître et bientôt PapaChou et Mamancarotte ne purent plus se voir.
La situation en était là, quand Jeannot, peiné, décida qu’il devait tenter quelque chose. Durant de longues heures et bercé par le chant des oiseaux, Jeannot bina, sarcla, ratissa et quand il eut terminé, il sût qu’il devait parler à Carchou.
Jeannot s’approcha de Carchou, se pencha doucement vers lui et lui dit :
              «  Cher petit Carchou, je voudrais te dire combien je suis heureux que tu aies choisi de pousser dans mon potager qui est toute ma richesse. Cependant, je suis déçu parce que tu ne te décides pas à grandir.Je penses pourtant t’apporter tous les soins dont tu as besoin ! Es-tu malade ? » 
               «  Non ! » répondit Carchou.
               «  Alors, pourquoi refuses-tu de grandir ?
                « Je ne suis ni une carotte, ni un chou. Comment grandir quand on est un Carchou comme moi ? Vers le haut, vers le bas ? Tous les autres savent comment faire. Pas moi ! Je suis tout seul.
               « Ca, répondit Jeannot, c’est ce que tu crois ! Voyons Carchou, regarde autour de toi ! Regarde quelques lignes plus loin. Là-bas, Carchou, fleurissent les POTI-MARRONS et les POIS-CHICHES. Plus loin encore, grandissent les CHOUX-FLEURS et les CHOUX-PAINS, et tout près de toi grossissent les BETTE-RAVES et les CELERIS-RAVES. Alors ! Qu’attends-tu maintenant ?
 Et à Jeannot de s’en aller sur la pointe de ses sabots.
L’histoire ne dit pas si Carchou se décida à grandir mais à voir le sourire dans les yeux du vieux Jeannot, je pense que Carchou est devenu un légume beau et fort. Et à en croire les dernières nouvelles, on raconte que Carchou se serait épris d’une fleur… Mais cela, c’est une autre histoire.
 
 
                                    Marie-Agnès

 

 

 

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

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